Brevets de parachutisme en France : le parcours complet de progression
La France structure ses brevets de parachutisme en quatre niveaux : A, B, C et D, encadrés par la Fédération Française de Parachutisme (FFP). Chaque brevet valide un palier de compétences, de 15 sauts pour le premier à 500 pour le dernier. Le parcours complet s’étale sur plusieurs années et représente un budget de 13 000 à 20 000 €, licence et matériel non compris.
Avant les brevets : la formation initiale
Deux méthodes donnent accès à la chute libre autonome. Le choix dépend du budget, du rythme souhaité et des centres disponibles près de chez vous.
La PAC, cursus de référence
La Progression Accompagnée en Chute (PAC) reste la voie la plus directe. Le stage comprend 6 sauts minimum depuis 4 000 mètres d’altitude. Au premier saut, deux moniteurs encadrent l’élève en chute libre. Leur nombre diminue à chaque saut suivant, jusqu’au vol solo.
Le programme théorique couvre l’aérodynamique du corps, la lecture de l’altimètre, le pilotage sous voile et les procédures de secours. Un examen valide ces acquis avant de poursuivre la progression.
Côté budget, comptez entre 1 200 et 1 500 € pour un stage PAC complet en 2026. Ce tarif inclut les 6 sauts encadrés, la formation au sol, la location du matériel (parachute, combinaison, casque, altimètre) et le carnet de sauts. La licence FFP, obligatoire, se facture en supplément.
L’Ouverture Automatique (OA)
Méthode historique, moins courante en 2026. L’élève saute à 1 200 mètres avec une sangle qui relie son parachute à l’avion. L’ouverture se fait automatiquement, sans phase de chute libre au départ. La progression vers l’autonomie prend plus de temps, mais le coût initial reste inférieur à celui de la PAC.
Les quatre brevets fédéraux FFP
Chaque brevet ouvre des droits précis : types de sauts autorisés, disciplines accessibles, niveau d’encadrement requis. Voici le tableau synthétique avant le détail par niveau.
| Brevet | Sauts min. | Compétences clés | Disciplines accessibles |
|---|---|---|---|
| A | 15 | Stabilité, ouverture, atterrissage | Sauts solo encadrés |
| B | 30 | Figures, dérive, relatif | B1 à B5, wingsuit (sous conditions) |
| C | 200 | Organisation, pliage, vérifications | Sauts hors centre, encadrement partiel |
| D | 500 | Expertise complète, voiles rapides | Moniteur tandem/PAC (avec formation) |
Brevet A : l’autonomie
Le brevet A marque le passage de l’élève au parachutiste autonome. La FFP exige 15 sauts minimum en chute libre et la réussite d’épreuves théoriques et pratiques.
Conditions d’obtention :
- 15 sauts en chute libre validés
- Stabilité face sol maîtrisée sur l’axe des trois dimensions
- Lecture correcte de l’altimètre et ouverture à la bonne altitude
- Connaissance complète des procédures de secours (libération + réserve)
- Pilotage sous voile avec atterrissage dans la zone désignée
- Examen théorique réussi (aérologie, réglementation, matériel)
Résultat ? Vous sautez sans moniteur en vol, sous la supervision d’un parachutiste breveté B ou plus au sol. La plupart des pratiquants atteignent ce niveau en 2 à 4 mois de pratique régulière.
Brevet B : la polyvalence
Le brevet B transforme le sauteur autonome en parachutiste polyvalent. Minimum 30 sauts requis, avec validation de figures techniques et d’un examen théorique renforcé.
Conditions d’obtention :
- 30 sauts minimum en chute libre
- Tonneau, looping et dérive maîtrisés
- Aptitude au relatif (formation en groupe, approches contrôlées)
- Dérive de séparation efficace avant ouverture
- Connaissances aérologiques approfondies (vents, turbulences, circuits)
Ce brevet donne accès aux brevets de spécialité : B1 (précision d’atterrissage et voltige), B2 (relatif à plat), B3 (voile contact), B4 (freefly et track). Le B5, dédié au pilotage de voile performante, exige quant à lui le brevet C et 500 sauts.
Sur le terrain, le brevet B représente le vrai décollage. Vous commencez à explorer les disciplines du parachutisme : freefly tête en haut, tête en bas, track à plus de 200 km/h.
Brevet C : la maîtrise technique
Le brevet C sanctionne 200 sauts minimum et la détention d’au moins un brevet de spécialité (B1, B2, B3 ou B4). Le titulaire accède à des responsabilités concrètes au sein de l’école.
Conditions d’obtention :
- 200 sauts minimum en chute libre
- Un brevet B de spécialité validé (B1, B2, B3 ou B4)
- Aptitude à la vérification du pliage des parachutes
- Capacité à coordonner les conditions de largage avec le pilote
- Majorité requise (18 ans révolus)
Concrètement, le breveté C organise des sauts en groupe, vérifie le matériel et participe activement à la sécurité de la zone. Certains centres lui confient le briefing des parachutistes moins expérimentés.
Brevet D : l’expertise
Le brevet D couronne un parcours de 500 sauts minimum, dont 50 réalisés dans les six derniers mois avec son propre équipement. Un saut probatoire valide la candidature.
Conditions d’obtention :
- 500 sauts minimum
- Brevet C obtenu au préalable
- 50 sauts dans les 6 derniers mois avec matériel personnel
- Saut probatoire réussi devant un jury
- Pilotage de voiles performantes maîtrisé
- Aptitude à superviser l’embarquement et les parachutistes en vol
Le breveté D peut encadrer les séances de sauts et vérifier les parachutistes à bord de l’avion. Avec une formation complémentaire (BPJEPS ou qualification fédérale), il accède aux fonctions de moniteur tandem ou moniteur PAC.
Qualifications complémentaires
Les brevets seuls ne suffisent pas pour certaines pratiques. Des qualifications spécifiques encadrent les activités à risque accru.
| Qualification | Prérequis | Sauts min. | Objectif |
|---|---|---|---|
| Wingsuit WS1 (initiation) | BPA + Bi4 track | 150 | Premier vol en combinaison ailée |
| Wingsuit WS2 (confirmé) | WS1 | 170 dont catégorie 1 | Vol wingsuit autonome |
| Wingsuit WS3 (expert) | Brevet C | 300 dont 80 wingsuit | Wingsuit performante, groupes |
| Vidéo chute libre | Brevet B | 200 | Filmer avec casque caméra |
| Moniteur tandem | Brevet D + BPJEPS | 500+ | Encadrer des sauts tandem |
| Moniteur PAC | Brevet D + BPJEPS | 500+ | Former les élèves en chute |
La qualification wingsuit suit une progression en trois niveaux (WS1, WS2, WS3) définie par la directive technique 49 de la FFP, mise à jour en avril 2025. L’accès au premier niveau (WS1) nécessite le BPA (Brevet de Parachutiste Autonome, équivalent du brevet A) et le module Bi4 de track.
Le casque caméra, réservé aux titulaires du brevet B avec 200 sauts, génère un danger réel : la caméra peut accrocher les suspentes à l’ouverture. Les centres appliquent cette règle sans exception.
Budget de progression : du stage PAC au brevet D
L’investissement total dépend du rythme de progression et du prix des sauts dans votre drop zone. Voici une estimation réaliste pour 2026.
| Étape | Sauts nécessaires | Budget estimé |
|---|---|---|
| Stage PAC | 6 sauts | 1 200 - 1 500 € |
| PAC vers brevet A | ~10 sauts solo | 300 - 500 € |
| Brevet A vers B | ~15 sauts | 400 - 600 € |
| Brevet B vers C | ~170 sauts | 4 000 - 6 000 € |
| Brevet C vers D | ~300 sauts | 7 000 - 10 000 € |
| Total estimé | ~500 sauts | 13 000 - 20 000 € |
Ces chiffres couvrent uniquement les sauts (location matériel incluse). Ajoutez la licence FFP annuelle (environ 107 € pour les moins de 25 ans, 210 € pour les seniors), la cotisation club et, à partir du brevet B, votre propre équipement : un ensemble complet (voilure principale, réserve, harnais, AAD) représente 3 000 à 8 000 € en occasion, 7 000 à 15 000 € en neuf.
Autre point : un saut solo coûte entre 25 et 50 € selon les centres, altitude et matériel compris. Les forfaits par 10 ou 50 sauts réduisent la facture de 10 à 20 %.
Équivalences et reconnaissance internationale
Les brevets FFP sont reconnus par la Fédération Aéronautique Internationale (FAI). Votre carnet de sauts et votre licence servent de passeport dans la majorité des drop zones à travers le monde.
Le système américain (USPA) utilise aussi quatre niveaux A, B, C et D, avec des seuils différents. Le brevet A USPA exige 25 sauts contre 15 en France. Des tables d’équivalence permettent la conversion sans saut supplémentaire dans la plupart des cas. Présentez votre carnet de sauts à jour et votre licence en cours de validité : les centres étrangers vérifient systématiquement ces deux documents.
En Europe, la plupart des fédérations nationales appliquent des critères proches de ceux de la FFP. Un breveté B français saute sans restriction en Espagne, en Belgique ou au Portugal. Certains pays (Royaume-Uni via la BPA, Allemagne via le DFV) demandent un brief de familiarisation avec les règles locales avant le premier saut.
Prochaine étape
Prenez contact avec une école agréée FFP proche de chez vous. Vérifiez qu’elle propose la PAC, réservez un stage sur une semaine de beau temps annoncé. Les 6 premiers sauts posent les fondations de tout le parcours. Le brevet A arrive souvent avant la fin de la première saison.