Illustration : Brevet A parachutiste : civil FFP ou militaire, que choisir
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Brevet A parachutiste : civil FFP ou militaire, que choisir

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Le terme « brevet A parachutiste » recouvre deux diplômes distincts. Côté civil, la Fédération Française de Parachutisme délivre le brevet A après 15 sauts minimum en chute libre. Côté armée, le brevet parachutiste militaire se gagne à Pau, en six sauts à ouverture automatique depuis 400 mètres. Deux logiques, deux parcours, aucune équivalence directe.

Un même mot, deux brevets qui ne se croisent jamais

Le grand écart commence dès la définition. Le brevet A civil atteste votre autonomie en chute libre : vous sortez seul de l’avion vers 4 000 mètres, vous chutez près d’une minute, vous déclenchez vous-même l’ouverture de votre voile. Le brevet militaire valide tout autre chose : la capacité d’un soldat à être largué avec son équipement, en groupe serré, à très basse hauteur, sans la moindre phase de chute.

Les différences structurantes tiennent en cinq points :

  • Autorité de délivrance : la FFP côté civil, le ministère des Armées côté militaire
  • Type de saut : chute libre avec ouverture manuelle d’un côté, saut à ouverture automatique de l’autre, une sangle reliée à l’avion extrayant la voile dès la sortie
  • Hauteur de largage : environ 4 000 mètres pour la chute libre civile, 400 mètres pour le saut militaire
  • Finalité : loisir et progression sportive contre aptitude opérationnelle au combat aéroporté
  • Public : tout licencié dès 15 ans côté fédéral, militaires et publics très restreints côté armée

Un breveté militaire n’a jamais géré une ouverture. Un breveté A civil n’a jamais sauté harnaché d’une gaine de combat à 400 mètres du sol. Les deux diplômes ne mesurent pas la même compétence, et cette ambiguïté alimente la confusion autour de la requête « brevet A parachutiste » : selon le contexte, elle désigne le premier brevet fédéral ou l’insigne militaire.

Le brevet A civil : l’autonomie selon la FFP

Le brevet A fédéral marque la fin du statut d’élève. La directive technique 49 de la Fédération Française de Parachutisme, modifiée le 27 mars 2026 et applicable depuis le 1er avril, fixe le cadre : 15 sauts minimum en chute libre, plus deux modules d’évaluation à valider. Le module Ac couvre les aptitudes en chute, le module Av le pilotage sous voile et la gestion du matériel.

Le parcours type démarre par un stage PAC de 6 sauts encadrés depuis 4 000 mètres, détaillé dans notre guide du saut en parachute seul, puis se poursuit avec environ 9 sauts solo supervisés. La plupart des pratiquants bouclent l’ensemble en 2 à 4 mois de pratique régulière. Le budget complet se situe entre 3 200 et 3 800 €, licence fédérale comprise : 107 € avant 25 ans, 210 € ensuite, selon le tarif FFP 2026.

Trois marqueurs concrets caractérisent ce cursus :

  • L’ouverture se déclenche à 1 500 mètres minimum, de votre propre main, après lecture de l’altimètre
  • La remise à plat depuis une position instable se répète jusqu’à devenir un réflexe évalué
  • L’atterrissage dans une zone désignée compte parmi les critères éliminatoires du module Av

Les conditions détaillées, les épreuves et la grille tarifaire complète sont couvertes dans notre guide du brevet A. Retenez l’essentiel : ce diplôme s’obtient exclusivement dans une école agréée FFP, avec un certificat médical de moins d’un an, et il ouvre la porte des sauts solo puis de toute la progression fédérale vers les brevets B, C et D.

Parachutiste civil sous voile colorée en approche d’une zone d’atterrissage d’aérodrome

Le brevet parachutiste militaire : six sauts à Pau

Direction le camp Aspirant Zirnheld, au nord-ouest de Pau. L’École des troupes aéroportées, l’ETAP, y forme les parachutistes des trois armées et de la gendarmerie. Selon le ministère des Armées, l’école accueille environ 4 000 stagiaires par an, pour quelque 44 000 sauts réalisés dans le cadre d’une quarantaine d’actions de formation.

Deux semaines, une progression millimétrée

La formation initiale au brevet dure deux semaines. La première se passe entièrement au sol : position de sortie de porte, conduite d’une voile hémisphérique, roulé d’atterrissage répété des dizaines de fois sur les agrès de l’école. Rien n’est laissé à l’improvisation, car la marge d’erreur à 400 mètres est quasi nulle.

La seconde semaine bascule dans l’avion. Le stagiaire enchaîne six sauts à ouverture automatique depuis 400 mètres, le dernier pouvant descendre à 300 mètres, d’après la documentation consacrée aux brevets parachutistes militaires français. Le programme monte en exigence :

  • Deux sauts sans équipement, pour ancrer les automatismes de sortie et d’atterrissage
  • Deux sauts avec équipement individuel complet, gaine de combat harnachée
  • Deux sauts techniques, dont un saut en conditions opérationnelles

Sur décision du commandement, le brevet peut être décerné dès cinq sauts, dont un technique. La descente elle-même reste très courte : la sangle extrait la voile dès la sortie de la carlingue, et le sol arrive en moins d’une minute. Toute l’attention se concentre sur le regroupement, l’évitement des autres voiles et le roulé final. Aucune figure, aucun pilotage fin : la voile hémisphérique se dirige à peine, l’objectif est d’arriver entier, équipé et prêt à combattre.

Qui décroche cet insigne

Le brevet militaire n’est pas ouvert au grand public. Il concerne les militaires affectés ou destinés aux unités aéroportées : régiments de la 11e brigade parachutiste, à laquelle l’ETAP est subordonnée, commandos, personnels des trois armées et de la gendarmerie. Créé le 1er juin 1946, ce brevet a été décerné à plus de 700 000 parachutistes depuis l’origine, d’après les chiffres publiés par l’École des troupes aéroportées.

Voiles hémisphériques descendant en grappe au-dessus d’un camp d’entraînement au lever du jour

La PMP, l’unique porte militaire entrouverte aux civils

La Préparation Militaire Parachutiste offre à certains civils un aperçu réel du monde des troupes aéroportées. Le format : douze jours partagés entre un régiment parachutiste et l’ETAP, avec, si la météo et la progression le permettent, jusqu’à deux sauts à ouverture automatique depuis 400 mètres, d’après l’Union Nationale des Parachutistes.

L’accès s’est nettement resserré. La PMP est aujourd’hui réservée aux élèves des classes préparatoires des lycées de la Défense et aux candidats à l’engagement visant les forces spéciales, via la filière PMP-FS. L’époque où chaque jeune volontaire pouvait s’y inscrire pour goûter au saut est révolue. Le stage garde pourtant sa valeur de tremplin : réussir sa PMP pèse dans un dossier d’engagement vers les unités aéroportées, bien au-delà des deux sauts réalisés.

Si votre objectif se limite à sauter une fois pour l’expérience, la voie civile reste grande ouverte : un premier saut en parachute en tandem se réserve en ligne, sans sélection, dès 15 ans avec accord parental.

Ce qui se transfère d’un monde à l’autre

Question récurrente des anciens militaires : les sauts armée comptent-ils pour le brevet A civil ? La réponse tient en une phrase. Les sauts à ouverture automatique ne comportent aucune chute libre, et la progression fédérale se compte précisément en sauts de chute libre. Un breveté militaire qui pousse la porte d’un centre FFP repart donc par la case stage PAC, au même tarif et au même rythme qu’un débutant complet.

Du treillis à la combinaison

Le transfert réel se joue ailleurs que dans le carnet de sauts :

  • L’aisance aéronautique : monter en avion, tenir sa place à la porte, encaisser le signal de sortie
  • Le roulé d’atterrissage et la lecture du vent, acquis pour la vie
  • La discipline de vérification du matériel, ancrée par le drill militaire
  • La gestion du stress, l’atout le plus décisif face au vide

Les moniteurs civils le constatent régulièrement : l’ancien para progresse vite, non parce que ses sauts comptent, mais parce que la porte ne l’impressionne plus. Reste à apprendre la chute elle-même, la stabilité face sol et le pilotage d’une voile rectangulaire moderne, bien plus rapide qu’une coupole militaire.

De la drop zone à la carlingue

Dans l’autre sens, aucune dispense non plus. Un breveté A civil qui s’engage repasse le brevet militaire intégralement, ses minutes de chute libre n’y changent rien. Le largage en groupe à basse hauteur, portes ouvertes des deux côtés de la carlingue, ne ressemble à rien de ce qui se pratique sur une drop zone civile. Son avantage est identique en miroir : le mental est déjà construit, le corps connaît le vide.

Mains vérifiant un harnais et un altimètre de parachutisme sur une table de pliage en hangar

Quel brevet pour quel projet ?

Le choix découle de votre objectif, pas d’une hiérarchie entre les deux insignes.

Orientez-vous vers le brevet A civil si :

  • Vous voulez pratiquer la chute libre comme un sport, à votre rythme et toute l’année
  • Vous visez les disciplines aériennes à terme : freefly, vol relatif, wingsuit après les paliers requis
  • Vous cherchez une progression accessible dès 15 ans, sans engagement militaire

Orientez-vous vers la filière militaire si :

  • Vous préparez un engagement dans les troupes aéroportées
  • Vous ciblez les forces spéciales, la PMP-FS servant alors de marqueur de motivation reconnu
  • Le parachute vous intéresse comme outil opérationnel, pas comme discipline sportive

Les deux parcours se cumulent d’ailleurs très bien dans une même vie de sauteur. Nombre d’anciens paras deviennent d’excellents chuteurs civils, et le brevet A n’est alors que la première marche d’un cursus qui mène du saut solo aux voiles rapides.

Prochaine étape : si le civil vous appelle, contactez deux ou trois écoles agréées FFP et comparez leurs forfaits PAC plus brevet A. Si l’uniforme vous attire, poussez la porte d’un CIRFA pour vérifier votre éligibilité à la PMP-FS ou aux unités aéroportées. Dans les deux cas, le premier saut arrive plus vite que prévu.

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